Un conte et une légende
Enfin, je concrétise le plan sournois et diabolique que mon esprit machiavélique a conçu dans un élan perfide infernal. Enfin, enfin !, ce plan d’une audace sans pareille voit le jour, ou plutôt, la nuit : « Ils ont le jour, nous avons la nuit ». Il a fallu être minutieux, attendre patiemment sa chance, rester caché dans l’ombre, tapis, à guetter une opportunité de réaliser ce dessin maléfique. Tel un jaguar demeurant dans les ténèbres avant de frapper la gazelle de sa griffe mortelle.
Nul doute, mes amis, que cette entreprise restera à tout jamais comme une légende pirate du web. On contera à tout jamais que cette machination aboutit le 19 juillet 2010. On vantera les mérites de la mécanique infernale de cette funeste idée. Mais remontons à la genèse de cette cabale solitaire, expliquons comment elle est née, comment elle a pu se développer et grandir dans mon esprit jusqu’à obséder mes pensées nuit et jour, surtout la nuit.
À l’image de Macbeth, je reçus la visite de 3 sinistres personnages, mais ce fut en rêve, pour moi. On me prédit un avenir glorieux : « Ô, noble Yaki, le temps viendra ou tu newseras le même contenu sur 2 sites différents ». Me réveillant en sursaut, je ne pus croire ce que ces messagers des abysses venaient de me révéler. Mais cette prédiction me hanta dès lors. Je devins possédé et je dus me résoudre à accomplir cette entreprise.
Néanmoins, le doute me rongeait, insidieusement, chaque jour plus fort. Deux côtés de ma personnalité s’affrontaient dans une bataille qui semblait devoir durer pour l’éternité. L’un défendait l’honneur du newseur au contenu unique et l’autre arguait qu’il était temps de « révolutionner » ces modes de fonctionnement antique. Et le premier lui criant qu’une révolution n’était autre qu’un retour au point de départ (sic).
J’entrepris alors un long pèlerinage dans les méandres des archives du royaume d’Ain Terre Nait. L’immensité de la tâche me découragea rapidement, trop d’archives, illisibles, souvent longues, ou trop courtes. Impossible de tirer une quelconque leçon de ces enseignements. Les maîtres en la matière avaient perdu leur habileté de jadis, aucun enseignement ne m’était utile, ils n’arrivaient plus à composer de simples poèmes. Triste époque.
Ma résolution vacilla, le plan était au bord du précipice, prêt à être jeté dans la fosse des oubliés. Une nouvelle fois, les 3 sinistres personnages apparurent et me menacèrent. Que faire ? Tombant de Charybde en Scylla, je repris douloureusement cette marche forcée vers la concrétisation de ce projet d’inspiration divine.
Et me voici ! Triomphant, auréolé d’une nouvelle gloire qui frappe de cécité quiconque ose porter son regard sur ma divine personne. J’ai réussi là ou tous avaient échoué. J’ai vaincu le signe indien, j’ai terrassé la malédiction. Oui, je l’ai fait, j’ai bien newsé sur 2 sites différents la même news.
Voici votre dû, nobles compagnons qui ont eu la décence et la curiosité de suivre mon aventure, ce récit enchanteur, puissiez-vous être bénis à jamais sur 81 générations :
Steel Ball Run Chapitre 41 :